Tout cul tendu ne mérite pas son dû :
Manifeste pour la paix des fesses et des écrans.
Au moment où je rédige ces mots, j’ai déjà recensé cinq interruptions intempestives.
“Laisse-la travailler !”, plaisante en boucle le barman.
Aux heures de bureau, les salles sont toujours remplies de petits vieux qui creveraient de débattre des derniers aléas de la météo, mais la faune loquace jette toujours son dévolu sur les non-consentants.
Ils le sentent, c’est évident. Comme le chat qui débarque dans le salon et choisit LA paire de genoux de l’alergique ou du craintif.
Comme ce gamin qui vient déballer sa collection de crève-cornées en plastique fluo aux pieds de LA tata qui souhaitait se faire ligaturer les trompes.
Ils ont un radar, c’est définitif…
Ils nous font perdre le fil de ce qu’on faisait :
“Faites pas attention à lui, madame ! C’est mon ami, il est un peu fou, mais il est gentil !”
Ils évaporent les phrases bien tournées qu’on s’apprêtait à écrire.
“Ma fille aussi elle fait ça ! Tous les jeunes travaillent sur leur ordinateur maintenant. On n’avait pas ça à l’époque, nous ! On pouvait pas voyager comme ça !”
Au moins, ils sont intempestifs.
Ils ne sont que de la roupie de sansonnet comparés aux interrupteurs des auberges de jeunesse.