Râter le dernier bateau de la semaine et improviser …
Une tempête approchait, il fallait évacuer les lieux coûte que coûte.
Une tempête était annoncée. Ce matin-là, c’était le grand départ. Antonin, Nico et moi-même quittions donc la minuscule île cambodgienne sur laquelle nous venions de passer une semaine.
Sur ce petit bout de terre flottant, il n’y avait pas d’infrastructure capable de nous protéger du vent et de la pluie. Nous dormions dans des cabanes largement ajourées conçues pour faire de l’ombre et un semblant d’intimité. D'autres voyageurs dormaient dehors, dans des hamacs.
En ce jour de grand départ, nous nous présentons trop tard à la paillotte/bar/restaurant. Ils n’auront pas le temps de nous préparer un petit déjeuner avant d’embarquer. Je suis donc occupée à ronchonner d’être sur le point de me faire secouer à jeun sur un rafiot au capitaine inconscient, sans même un café salutaire dans le cornet… lorsque finalement, un des types derrière la paillotte daigne nous jeter un œuf sur une poêle. Sur les délicieuses odeurs de friture qui montent dans l’air, un couple de Danois nous approche. Ils ont en leur possession une bouteille de rhum à peine entamée dont ils souhaitent se débarrasser avant de reprendre l’avion le soir même. Toujours prêts à rendre service, nous adoptons la bouteille. Tout en jetant un œil aux œufs qu’on venait de nous déposer sous le nez, la paire de Danois nous conseille de nous hâter. L’unique bateau programmé pour la semaine va bientôt quitter l’île. Le temps d’engloutir notre maigre pitance en trois coups de fourchette, nous nous élançons au pas de course sur la trace du groupe de touristes déjà en route pour le bateau.

Ils ne nous devançaient pas de grand-chose. Pourtant, nous ne les rattraperons jamais.
En fait, tout porte à croire que nous nous sommes complètement perdus en traversant l’île pourtant minuscule. Il nous semblait suivre un sentier pertinent, mais il finit par nous échouer contre la mangrove.

Demi-tour
Nous avons peut-être loupé un embranchement.
Rien. Nous ne rencontrons aucun chemin auxiliaire ni praticable ni logique.