Essais

La réponse se trouve dans les petites choses

Je ne crois pas qu’il y ait mieux à attendre de la vie que les petites choses qu’elle offre quotidiennement. Sûrement, allons-nous trop loin dans notre recherche du bonheur. Peut-être veut-on faire trop compliqué, assurément, finit-on frustrés. Ce bonheur est comme une carotte que l’on n’attrape jamais. Dans cette quête infructueuse de la paix intérieure, beaucoup d’entre nous choisissent d'altérer leur réalité grâce aux drogues et à l’alcool. Et ne pointons pas du doigt les quelques âmes perdues sur la colline du crack, peu importe la consommation, tant qu’elle est régulière. C’est le pétard du soir, c’est la cuite du week-end… Il s’agit là de saler lourdement un plat que l’on a plus le palais d’apprécier pour ce qu’il est. Il n’en est par la suite que plus ardu de retrouver le goût pour la banalité du bonheur et sa salade de petites choses. On y trouve la beauté et ses multiples expressions, les plaisirs et leur privation. On y trouve l’acceptation de l’inconfort, des douleurs et du mauvais temps, car la vie est une balance dans laquelle le bon n’existe que grâce au mauvais. L’élément principal est la gratitude.

S’il fait beau aujourd’hui, laissez choir vos corvées domestiques, sortez vos gamins au grand air, promenez-vous au soleil avec eux. Si vous ne vous souvenez plus comment apprécier l’instant, observez-les, et éteignez vos portables. Tout est là, il n’y a rien de plus.

Aux prémices de l’orage d’été, lorsque le vent tire sur nos têtes sa couette moelleuse de nuages noirs, jetez-vous au dehors. Soyez au premier rang du spectacle dramatique qu’offrent les éléments, emplissez vos narines de l’odeur singulière du pétricor qui s’élève dans les airs aux premières gouttes de pluie sur la terre chaude. Tout est là, il n’y a rien de plus.