
Une phobie singulière
Ceci est un extrait. Pour écouter l'histoire en entier, il te suffit d'un compte touriste, gratuit.
Je pénètre les toilettes du petit hostel infesté de puces de lit où j’ai eu le mauvais flair d’élire domicile. Le bâtiment en béton, de construction simple, est abondamment ajouré. J’entends l’eau d’une des douches ruisseler de l’autre côté du mur, et la playliste de Ragga du bar adjacent ne suffit pas à couvrir le bruit des chairs humides qui s’y entrechoquent à intervalles réguliers. L’entreprise intime est si décomplexée qu’elle est même rythmée par de grands soupirs de plaisir. Je me râcle énergiquement la gorge pour signaler ma présence. Cela n’a aucun effet sur le concert de fesses mouillées. Ma vessie me rappelle à l’ordre. J’ouvre une porte au hasard, j’inspecte l'intérieur, je réfléchis, j’hésite même un bref instant, mais renonce finalement au projet. Alors que je bats en retraite, je tombe nez à nez avec une jeune touriste apeurée qui se tenait presque sur mes talons. Elle plante son regard interrogateur dans le mien et m'assène, fébrile : “Qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ? C’est gros ? C’est quoi ? C’est une grosse grenouille, c'est ça ?” Nous ignorons brillamment le fond sonore indécent, et je souris, amusée de découvrir la batracophobie. Je la rassure sur l’absence totale de batracien dans ce petit coin. Étrangement, sans se poser plus de questions, elle pénètre le cabinet et verrouille la porte. J'hésite une seconde, confuse, puis certainement trop tard à en juger au son, je préviens tout de même :
“Par contre y’a plus de papier.”
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Margaux
Une histoire deMargaux
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