Voyez-vous des signes ?

Voyez-vous des signes ?

Existe-il un ange gardien qui nous suit ? Y a-t-il un Dieu qui nous guide ? Ou y a-t-il une raison extrêmement rationnelle qu’on choisit d’ignorer car elle est trop dure à supporter ? 

Margaux

Margaux

Patronne de cette plateforme, Rédactrice / prof indépendante de langues. 1m70, 56kg, Lion ascendant cancer…

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Introduction

Il n’y a de signes que ceux qui portent des plumes. Pourtant, les autres, ceux qui nous guident, ceux qui empruntent l’apparence des plus anodins évènements, je les ai vus. Et comme une Jeanne D'arc pacifiste, je les ai écoutés et je les ai suivis à travers le monde entier. Ces signes sans ailes sont pourtant volatiles, très  timides, ils ne se montrent qu’à ceux qui veulent les voir. Pour les autres, il y a les coïncidences. 

Quand j’avais besoin de ces oiseaux craintifs, je les trouvais partout, ils étaient omniprésents et me guidaient sur les routes du monde. 

Il faut admettre qu’il est difficile de vivre sans règle. Lorsque l’on quitte sa famille, son village, son pays et le rôle qu’on y tient, on se retrouve aisément démuni devant cette page blanche sans ligne ni carreau, sans cadre et sans consigne. Moins il y a de règles, moins on sait comment jouer. Le vrai choix est une chose ardue à gérer lorsqu’il ne s’agit plus que de son illusion à laquelle on est habitué depuis la naissance. « Tu veux prendre ton bain, maintenant ou dans cinq minutes ? » et à l'âge adulte. « Tu veux travailler toute ta vie et payer des taxes jusqu’à ta retraite, en tant que salarié ? Ou bien en tant qu'employeur ? » 

Il semblerait que l’on soit plus heureux dans un cadre bien réglé, comme des enfants que nous demeurons. Car voilà, dès lors que l’on s’émancipe du maximum de contraintes possible, dès l’instant où l’on troque les coloriages pour la page blanche, on en connaît l’angoisse. Nul besoin des extrémités du voyage en solo et sans retour pour être concernés par ce dont il est question ici. Même pour les moins aventuriers, tous les questionnaires de la vie ne sont pas fermés. Souvent, le choix est multiple. Viennent alors les nuits blanches et les questions existentielles. Et si j’avais fait ça au lieu de ça ? Est-ce que je ne me suis pas trompé ? La lourdeur de nos décisions forme la nuit le parfait nid douillet au creux de nos oreillers, et à la chaleur de nos têtes surchauffées éclosent finalement les signes. Dans leur envol salvateur, ils emportent avec eux le poids intolérable de notre responsabilité. Ainsi, dans la liberté la plus désirable, on cherche quand même le chemin tracé qu’on aurait qu’à suivre, tenu par la main par une maman signe. 

Le chiffre huit. 

J’ai vu le chiffre huit partout. Il était la ligne verte, celle qui m’indiquait que malgré les tumultes et les rebondissements, les bonnes expériences et les mauvaises, j’étais toujours sur le bon chemin, celui qui avait été tracé pour moi. Un jour, je prends la décision de quitter un pays avant la péremption de mon visa local, seule, en laissant sur place mes amis et mon petit boulot. Pendant le vol vers l’inconnu, laissant une nouvelle fois tout derrière, venait la question redondante : “Et si j’étais restée ? Ne suis-je pas en train de faire une bêtise, suis-je toujours sur le bon chemin ?” 

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