Margaux Margaux

L’introduction du cafard

“Il y a un truc dans le lit,” lança-t-il en réponse à mon regard stupéfait.

L’introduction du cafard

Vietnam, bord de mer.

Cette nuit-là, dans notre chambre double pas spécialement propre ni bon marché, je fus arrachée à quelques rêves sans queue ni tête par une brutale secousse. J’ouvris un œil. S’additionna alors aux images mourantes de mes songes nocturnes grotesques, celle d’Antonin qui s’agitait compulsivement dans les draps.

“Il y a un truc dans le lit,” lança-t-il en réponse à mon regard stupéfait.

Je tendis le bras vers l’interrupteur qui répandit aussitôt la lueur blafarde d’un néon grisillant. C’est à ce moment-là que nous le découvrîmes, bien au chaud dans nos draps jaunis par les soins bâclés d’une machine à laver en bout de course.
Un cafard.
Il faisait chaud cette nuit-là, la totalité de mes vêtements gisait en boule négligée sur le carrelage blanc, fissuré par endroits et parsemé de cheveux noirs qui ne m’appartenaient pas. C’est donc dans mon plus simple appareil que je me présentai à l’intru rampant. Ce dernier se trouva mis à nu, exposé à la lumière et à nos regards horrifiés braqués sur les abominables reliefs de son corps.
On ne sait par quelle infamie il entreprit de se réfugier dans mon sillon inter-fessier.

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