Le somnambule de l'auberge frappe toujours deux fois
C'est deux Allemands, un Espagnol, un Anglais, un Mexicain et un somnambule en pleine nuit dans la chambre mixte d'une auberge ...
Je me trouve cette fois à Tauranga, en Nouvelle-Zélande, où je suis arrivé en stop de Wellington.
J'ai à nouveau posé mon sac dans un "working hostel" : une auberge de jeunesse légèrement plus chère que les établissements traditionnels réservés au tourisme, car en retour on a l'assurance de se voir offrir du boulot, presque assurément de la cueillette ou de la construction, les pires jobs disponibles donc.
Je suis ici depuis un mois et j'ai vu pas mal de monde dans la chambre dans laquelle je loge : quatre murs, trois lits superposés, deux mètres carrés d'espace libre au centre de la pièce et un petit lavabo. Nous sommes six, que des mecs: ces temps-ci deux Allemands, un Espagnol, un Anglais, un Mexicain et moi.
Comme un an plus tôt en Australie, j'ai festoyé tout le weekend sans dormir une seule heure. Nous voilà le dimanche soir et je vais me coucher bien aviné et la batterie sociale très remplie malgré sa grande capacité. Je dors dans le lit du bas (privilège des premiers arrivés), ce qui me permet donc d'accrocher une tenture et d'ainsi créer un semblant de bulle personnelle, ce qui me permet notamment de dormir nu la plupart du temps.
Je ne tarde pas à m'endormir et cette fois encore — et c'est un paradoxe — mon éveil tient du cauchemar: je suis dans le plus simple appareil, assis sur les tibias du du Mexicain (sa couette empêchant tout de même le contact direct avec mes appareils reproducteurs et défécatoires) et je tire les chevilles de l'Anglais qui est dans le lit juste collé en face.